La gestion du stress et des émotions

Toute pratique sportive si elle est compétitive, génère du stress et active le processus émotionnel. Rien ne peut empêcher ce fait. Dès qu’un athlète se situe dans une situation compétitive, peu importe le degré d’intensité, ses mécanismes instinctifs s’activent pour faire face à la situation.



Le coping

Chaque individu dispose d’outils, de moyens pour faire face, c’est ce qu’on appelle le « Coping » (To cope : faire face). Mais cette capacité possède un degré d’efficacité tout d’abord personnel, ensuite lié à la situation spécifique et au moment donné.

Cette capacité de coping est une compétence psychologique qui peut fluctuer, être améliorée et entraînée. A partir d’entretiens cliniques avec l’athlète et les autres acteurs concernés (parents, entraîneur, proches...) et d’exercices spécifiques. Une fois que la compétence à entraîner a été identifiée correctement, des exercices spécifiques répétés dans diverses situations se rapprochant au plus de la situation réelle (la compétition) vont produire un renforcement de cette compétence.

A retenir

  1. le stress est intimement présent en situation compétitive et de recherche de l’excellence. Il peut produire des effets bénéfiques ou délétères. Il est donc nécessaire d’apprendre à le gérer.
  2. Il faut distinguer
    • le stress comme agent de stress (quel stimulus ?)
    • le processus de stress (mécanisme neuro-physiologique)
    • l’état de stress (manifestations, sensations)
  3. Nous ne sommes pas égaux face au stress mais nous pouvons tous apprendre à mieux le contrôler afin que ses conséquences sur notre physique et notre psychisme soient bénéfiques et non pas délétères.
  4. A partir d’un diagnostic précis, élaboré à partir de plusieurs entretiens cliniques et dynamiques (évoluant dans le temps), que ce soit avec les acteurs concernés et/ou des exercices portant sur l’apprentissage et l’entraînement à diverses techniques (théorie, méthodologie, pratique, évaluation et réajustement).
  5. Les outils et techniques valides scientifiquement sont connus. Les sources de stress aussi. Mais chaque athlète est original et unique. Il sera nécessaire de bien identifier quelles sont ses propres sources de stress et d’évaluer son degré de sensibilité à celles-ci. Ensuite, de proposer la méthodologie d’actions et enfin de s’y entraîner (quasi quotidiennement).
  6. Quelles sont les sources de stress les plus fréquentes ?
    • Chez l’athlète : la pression de l’environnement proche (parents, entraîneur, proches, club, fédération... « On fait tout pour lui »
    • L’athlète lui-même peut est la source de stress. L’athlète se fixe des objectifs trop élevés, non réalistes. Il est noyé par des pensées irrationnelles, motivé par un mauvais perfectionnisme. Souvent lié à un déficit d’une autre qualité psychologique qu’est l’Estime de soi, avec le sentiment qu’il pourrait ne plus être aimé s’il ne satisfait pas aux critères (« je dois être parfait », « je dois satisfaire mes parents », « je ne peux rien rater », « ils font tellement d’efforts pour moi », « je ne peux pas les décevoir », « si je perds, ma maman sera déçue »). Si l’athlète adolescent est plus fragile, l’adulte peut dysfonctionner également. Par exemple quand l’accent est mis sur le résultat et non sur la performance ou le processus (« je dois être le meilleur », « je dois gagner », « je dois m’entraîner plus », « je ne peux pas me reposer»).
    • Le stress lui-même qui provoque des conséquences en boucle, essentiellement par des pensées non opérationnelles, négatives, des sensations physiques désagréables, manifestations de colère non contrôlées: « je dois faire le minima pour obtenir ou garder mon contrat », « je dois faire tel résultat pour être sélectionné ».

Contact

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Faculté de Psychologie et des Sciences de l'Education
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